La colonne de chute commande le plan
Dans un immeuble, la colonne de chute est verticale et traverse tous les niveaux. Elle ne se déplace pas. Tout ce qui évacue doit s'y raccorder, et plus un appareil s'en éloigne, plus le raccordement devient contraint.
Le WC est le plus exigeant. Son évacuation en Ø 100 mm supporte mal la longueur : au-delà de quelques mètres, la pente cumulée devient difficile à tenir sous une chape, et le risque de bouchon augmente.
C'est pourquoi, en rénovation, déplacer les WC coûte cher alors que déplacer un lavabo se fait facilement. Le lavabo évacue en Ø 32 et tolère une pente sur une distance plus grande.
Ce que la pente impose
| Appareil | Diamètre | Souplesse de placement |
| Lavabo | Ø 32 mm | Bonne, se déplace facilement |
| Évier, douche | Ø 40 mm | Correcte, attention à la hauteur sous receveur |
| Baignoire | Ø 40 mm | Contrainte par la hauteur du siphon sous la coque |
| WC | Ø 100 mm | Faible, à garder près de la chute |
La pente se situe entre 1 et 3 cm par mètre. Sur quatre mètres, cela représente jusqu'à douze centimètres de dénivelé à loger dans l'épaisseur du plancher. C'est là que le projet bute, et c'est une question à poser à l'architecte avant de valider un plan.
La douche à l'italienne, cas d'école
Elle demande de loger le receveur, le siphon et la pente sous le niveau du sol fini. Dans une construction neuve, la réservation se prévoit à la dalle. En rénovation sur plancher existant, la hauteur disponible manque souvent.
Trois solutions se présentent, avec des conséquences différentes sur le plan :
- Un siphon extra-plat, qui réduit le débit d'évacuation et se bouche plus vite.
- Un rehaussement du sol de la salle de bain, qui crée une marche et pose la question de l'accessibilité.
- Un déplacement de la douche vers la chute, qui redessine la pièce.
Aucune n'est neutre. Les trancher au stade du plan coûte beaucoup moins cher qu'au stade du chantier.
Ce qui se prévoit avant les cloisons
- Un coffret de visite pour la nourrice. Un raccord doit rester atteignable, et une nourrice noyée dans un mur sans trappe condamne toute intervention future.
- La ventilation de la colonne, prolongée jusqu'en toiture, ou un clapet aérateur si la sortie est impossible. Sans elle, les siphons se vident et les odeurs reviennent.
- La distance au chauffe-eau. Chaque mètre de tuyau contient de l'eau refroidie à évacuer avant que la chaude n'arrive. Une salle de bain à quinze mètres du ballon fait couler plusieurs litres à chaque douche.
- Les circuits électriques. La NF C 15-100 impose un circuit spécialisé par gros appareil, et définit des volumes autour de la douche et de la baignoire où les équipements électriques sont réglementés.
Le point que les rénovations découvrent trop tard
Superposer les pièces d'eau d'un étage à l'autre simplifie tout : une seule gaine technique, des réseaux courts, une intervention future accessible. Les logements anciens, eux, ont souvent des salles de bain ajoutées après coup, réparties au hasard des cloisons.
Dans le bâti des années 1950 à 1970 très présent à Nice, Cannes et Toulon, on retrouve régulièrement des évacuations qui traversent un logement sur plusieurs mètres avec une pente limite, sous une chape épaisse. Ces réseaux fonctionnent tant qu'on ne les touche pas, et deviennent le poste le plus coûteux dès qu'on refait la pièce.
Avant d'acheter pour rénover, faire ouvrir une trappe et regarder où passe l'évacuation vaut mieux qu'une estimation au mètre carré.
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